Genève 1954 : comment le Cambodge a gardé son territoire, selon un ancien chef d’état-major
Gouverneur, ministre et chef d’état-major, l’auteur livre un récit de l’intérieur, annoté par Henri Locard et préfacé par David Chandler, publié par les Éditions GOPE.
En bref
- Chroniques khmères couvre le Cambodge de 1845 à 1969 en 412 pages.
- L’auteur, né en 1908 et mort en 1996, a servi sous le Protectorat puis après l’indépendance.
- Le livre est annoté par Henri Locard et préfacé par David Chandler.
- Les Éditions GOPE l’ont publié en juillet 2026.
Nhiek Tioulong a vu le jour à Phnom Penh en 1908 et s’est éteint en 1996. Il a dirigé une province, siégé au gouvernement comme ministre, présidé le Conseil, puis commandé l’état-major, occupant des postes élevés sous le Protectorat comme après l’indépendance. Ses Mémoires, Chroniques khmères, ont paru en juillet aux Éditions GOPE, selon Cambodgemag.
Un proche de Sihanouk, formé dans l’administration
De 1941 à 1969, Nhiek Tioulong figure parmi les plus proches collaborateurs de Norodom Sihanouk. Né dans une famille rattachée au Palais royal, sorti de l’École royale d’administration, il a progressé dans la hiérarchie de l’État pendant le Protectorat. Aux côtés des autorités françaises, il a participé à la construction des structures administratives du pays. Par la suite, il a rejoint Sihanouk dans ce que l’on a appelé la « croisade pour l’indépendance ».
Un livre en deux parties et un épilogue
L’ouvrage, Chroniques khmères. Le Cambodge de 1845 à 1969, totalise 412 pages. Le récit débute lorsque s’achève le règne d’Ang Duong et prend fin au seuil de la République khmère. L’auteur s’exprime en français, et les photographies sont tirées de ses archives personnelles.
La première partie est consacrée au Protectorat : elle suit les règnes d’Ang Duong, Norodom, Sisowath puis Monivong, et décrit l’administration, l’économie et les communautés avant 1941. La seconde s’ouvre sur l’avènement de Sihanouk. Elle traite de Vichy, de l’occupation japonaise, de la journée du 9 mars 1945, de la Constitution de 1947 et du chemin vers l’indépendance. Dans l’épilogue figurent entre autres le plan quinquennal 1960-1964 et des données chiffrées relatives à la santé publique et à l’éducation.
Le texte est annoté par Henri Locard et précédé d’une préface de David Chandler.
1953-1954, du mémorandum à Genève
Le chapitre XIV est consacré à ces deux années.
- Alors qu’il se trouve en France, Sihanouk envoie un mémorandum à Vincent Auriol. Il soutient que seule une véritable indépendance peut améliorer la situation, et dépeint un territoire dont les trois cinquièmes ne sont plus sous l’autorité du pouvoir.
- Sihanouk part de France, mais passe d’abord par le Canada et les États-Unis au lieu de regagner directement Phnom Penh.
- Ouverture de la conférence de Genève.
- Chute de Diên Biên Phu.
- Les accords sont signés à l’aube, et non le 20.
D’après l’auteur, si le Cambodge a conservé tout son territoire, à la différence du Vietnam et du Laos, c’est que les troupes khmères résistaient au Vietminh. Il évoque la bataille de Srê Chis. Selon une note, la délégation militaire envoyée à Genève avait pour chef le ministre de la Défense, également chef d’état-major, autrement dit l’auteur en personne. Une remarque de l’annotateur indique qu’avec Sam Sary, il a résisté face à Molotov, Zhou Enlai et Pham Van Dong.
L’ouverture internationale, puis les repères pratiques
Le chapitre XVI raconte comment Sihanouk accède à la scène mondiale : New Delhi, Bandung en avril 1955, Tokyo, l’ONU, Pékin en 1956, puis un périple en Europe qui mène de Paris à Moscou.
Le livre est édité par GOPE (Scientrier) sous le numéro ISBN 978-2-494118-44-7. Un extrait et la commande sont proposés sur le site de l’éditeur, gope-editions.fr, à la page consacrée à Chroniques khmères.
Photo : hello aesthe / Pexels
