Économie

L’UE aborde l’hiver avec des réserves de gaz au plus bas

Une étude parue le vendredi 9 octobre chiffre l’effort de sobriété ou le surcoût d’importation nécessaires pour éviter des tensions d’approvisionnement.

Vuthy Kem Par Vuthy Kem
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L’UE aborde l’hiver avec des réserves de gaz au plus bas
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L’Union européenne pourrait manquer de gaz cet hiver, alors que ses réserves atteignent un niveau historiquement bas au moment où les températures commencent à descendre.

En bref

  • Le constat provient d’une analyse publiée le vendredi 9 octobre par l’Institut d’économie de l’énergie et d’analyse financière, relayée le lendemain par RFI .
  • Selon RFI, cette situation oblige l’Europe à puiser davantage dans ses stocks, et la limitation de la consommation devient, d’après les experts, la seule issue pour ne pas les vider entièrement.
  • Ces trois leviers visent la demande elle-même, celle qui est repartie à la hausse ces deux dernières années.

Le constat provient d’une analyse publiée le vendredi 9 octobre par l’Institut d’économie de l’énergie et d’analyse financière, relayée le lendemain par RFI. Il s’agit d’un risque évalué par des experts, pas d’une pénurie constatée : le texte décrit les conditions dans lesquelles l’approvisionnement du continent pourrait se tendre, et les leviers pour l’éviter.

Des réservoirs jamais aussi peu remplis à cette période

À l’entrée de la saison froide, les capacités de stockage européennes ne sont pleines qu’en partie. Ce niveau tranche avec celui observé les années précédentes à la même époque, et la comparaison couvre toute la période pour laquelle des mesures sont disponibles.

3/4taux de remplissage des réserves européennes de gaz
15 ansdurée des relevés, sans précédent comparable à cette saison

Autrement dit, depuis que ces séries existent, jamais les stocks n’avaient affiché un tel déficit à ce stade de l’automne. C’est ce point de départ fragile qui fait craindre des difficultés si la demande reste soutenue pendant les mois les plus froids.

Une demande en hausse face à des importations figées

Deux mouvements contraires expliquent la situation. D’un côté, la consommation européenne est repartie à la hausse au cours des deux derniers hivers. De l’autre, les volumes importés n’ont pas progressé sur la même période. L’écart se comble mécaniquement en prélevant davantage dans les stocks, ce qui réduit la marge disponible pour la saison suivante.

Selon RFI, cette situation oblige l’Europe à puiser davantage dans ses stocks, et la limitation de la consommation devient, d’après les experts, la seule issue pour ne pas les vider entièrement.

Un calendrier réglementaire ajoute une contrainte : l’interdiction totale des importations de gaz naturel liquéfié russe entrera en vigueur en janvier 2027. Cette échéance, fixée au cœur même de l’hiver à venir, retire une source d’approvisionnement au moment où l’Europe compte sur ses réserves.

Consommer moins ou payer plus cher

Pour éviter de vider complètement les réservoirs, les experts de l’institut décrivent deux voies, aux conséquences très différentes.

Réduire la consommation de 7 % par rapport à l’hiver précédent : selon les auteurs, c’est l’effort nécessaire pour préserver les stocks et écarter les tensions sur l’approvisionnement.

Acheter davantage à d’autres fournisseurs, notamment américains : avec des prix élevés, la facture supplémentaire atteindrait trois milliards d’euros, à condition que l’hiver ne soit pas particulièrement rigoureux.

La seconde option comporte donc une incertitude propre : son coût n’est estimé que dans l’hypothèse de températures clémentes. Un hiver froid alourdirait la demande et modifierait ce calcul. La première, elle, place l’effort du côté des consommateurs, sans que l’étude détaille comment cette baisse serait répartie.

Moins dépendre du gaz plutôt que stocker davantage

Au-delà de cet hiver, les auteurs de l’étude écartent l’idée de multiplier les installations de stockage. Pour eux, la réponse durable consiste à réduire la place du gaz dans le système énergétique européen, en investissant dans l’isolation des bâtiments, dans les pompes à chaleur et dans les énergies renouvelables. Ces trois leviers visent la demande elle-même, celle qui est repartie à la hausse ces deux dernières années.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jan van der Wolf. Licence Pexels.

Vuthy Kem

Carnet du Cambodge

Vuthy Kem

Vuthy Kem a été analyste crédit dans une banque de microfinance à Phnom Penh avant de s'installer à Paris. Il suit l'économie cambodgienne, le textile, la construction et les investissements étrangers, et signe les analyses de fond. Il joue au volley-ball dans une équipe amateur du 13e arrondissement.