Volerons-nous sur des avions chinois plutôt qu’européens ou américains dans 20 ans?

Image d'illustration. Famille en attente à l'AéroportADN
Voler à bord d'un avion chinois dans vingt ans : pourquoi Airbus et Boeing pourraient être délaissés et ce que cela signifie pour l'avenir de l'aviation.
Tl;dr
- Le constructeur d’avions chinois Comac gagne en popularité malgré les défis.
- Le C919, bien que populaire, souffre de problèmes de fiabilité.
- Les experts suggèrent que Comac pourrait devenir incontournable à l’avenir.
Une nouvelle ère aéronautique : Comac à la conquête des cieux
Imaginez-vous, à l’aube de 2045, embarquant non pas sur un Airbus ou un Boeing, mais sur un C919, l’appareil le plus prisé du constructeur d’avions chinois Comac. Grâce aux problèmes du 737 MAX 3.6 qui ont cloué les Boeing au sol et à la lenteur d’Airbus pour produire de nouveaux appareils, Comac s’ouvre la voie vers les cieux occidentaux.
Le C919 : une ascension remarquable
Les chiffres de l’aviation en 2024 sont révélateurs : le C919 a raflé un quart des commandes des moyens courriers. Un succès remarquable pour un avion entré en service seulement en 2023. Mais peut-on vraiment envisager un bouleversement du duopole Boeing/Airbus, qui domine le ciel depuis des décennies ?
Malgré un marché chinois propice à son essor, avec plus de 101 536 vols domestiques hebdomadaires en 2024 et 700 millions de passagers internes, le C919 peine à obtenir une certification internationale reconnue. « C’est un sésame indispensable pour voler au-dessus de la plupart des Nations du monde », explique Xavier Tyteelman, expert en questions aéronautiques.
Des défis à surmonter pour Comac
De plus, le C919, malgré son nom, est en grande partie un assemblage de composants étrangers, selon Bertrand Vilmer, expert en aéronautique au cabinet de conseil Icare. « Pour l’instant, c’est plus un assemblage de matériels étrangers qu’une innovation nationale », ajoute-t-il. En effet, la Chine peine à combler son retard dans la construction de ses propres moteurs d’avion.
La fiabilité est également une question cruciale. Selon Vilmer, une différence de fiabilité de 1% entre le C919 et l’A320 d’Airbus pourrait se traduire par des pertes financières conséquentes pour Comac. Chaque vol annulé coûte entre 350 et 700 euros de pénalité par passager, une somme non négligeable pour une compagnie aérienne.
Un futur prometteur pour Comac ?
Malgré ces obstacles, les experts suggèrent que Comac pourrait devenir incontournable à l’avenir. « Ni Airbus ni Boeing n’arrivent à honorer toutes leurs commandes », rappelle Vilmer.
De plus, la Chine a déjà démontré sa capacité à surmonter des défis technologiques majeurs. Selon Hubert Arnould, directeur de Iaco, « La Chine apprend et copie très vite, ils ont les compétences et les moyens de production ». Il semblerait donc que l’ascension de Comac ne fait que commencer.
